CRITIQUE: LA SANGLANTE RÉUSSITE DE DAREDEVIL

Vendredi 10 avril, le diable de Hell’s Kitchen a fait son grand début sur Netflix, mais aussi son grand retour d’outre-tombe, avec pour mission de faire sombrer dans l’oubli le navet sorti en 2003 par la Fox. On a visionné l’intégralité de la série et on vous donne maintenant notre avis.

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Marvel et Netflix se sont donc associés pour faire renaître de ses cendres le justicier masqué aux cornes pointues après l’échec que fut la version de Ben Affleck il y a aujourd’hui un peu plus de 10 ans. Cela en valait-il la peine? Est-ce que le résultat est bon? Oh que oui! Et on vous explique pourquoi.

Il faut dire que les débuts de la Maison des Idées dans le monde des séries avec Agents of S.H.I.E.L.D. n’étaient pas brillants, alors vint Agent Carter qui avait au moins le mérite de tenir la route et un minimum d’intérêt, mais qui, en dehors d’ouvrir une fenêtre sur le passé du Marvel Cinematic Universe, n’offrait rien de spectaculaire. Alors, vous imaginez l’enthousiasme et l’espoir que l’on pouvait avoir à l’idée de voir débarquer Daredevil, annoncé comme un show plus sombre que n’importe quelle autre production Marvel réalisée auparavant, accompagné de la promesse que nous ne serions pas déçus.

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La série prend place à New York, dans le quartier de Hell’s Kitchen où les organisations criminelles ont profité du chaos causé par les événements survenus dans Avengers pour reconstruire la ville à leur façon. Et même si l’ombre de la Tour Stark Avengers plane au milieu des autres buildings, le crime organisé contrôle Hell’s Kitchen et ses alentours, ayant réussi à corrompre la police, les médias et les corps de métiers influents de la Grande Pomme. C’est alors qu’intervient Matt Murdock, devenu aveugle après avoir perdu la vue à l’âge de 9 ans à cause d’un produit chimique, mais qui en échange a bénéficié de super-sens couplés à un entraînement intensif lui permettant aujourd’hui de faire régner la justice lorsque la Loi ne peut le faire. Avocat fauché le jour, il est épaulé par son meilleur ami Foggy Nelson et Karen Page, mais lorsqu’il n’est pas au bureau de « Nelson and Murdock, Attorneys at Law » il enfile son masque et saute d’immeuble en immeuble pour fracasser la gueule à ceux qui le méritent, jusqu’au jour où il prend la décision de faire tomber le Kingpin, celui dont personne n’ose prononcer le nom (encore moins que Voldemort) et qui est à l’origine du crime organisé régnant sur Hell’s Kitchen.

Loin de l’apparence « plastique » que peuvent avoir les séries Arrow, The Flash ou encore l’une de celles citées plus haut, Daredevil impose tout de suite son ton sombre et son envie de s’ancrer dans le haut panier des séries, d’abord avec un générique léché puis avec une réalisation quasi-impeccable perdurant le long des 13 épisodes. Souvent proches des personnages grâce à la caméra, la série prend le temps de les explorer, de poser un regard sur eux et des les comprendre, nous permettant ainsi de les accompagner dans ce périple où souvent « bien » et « mal » sont remis en question. Une lutte interne qui habite presque tous les personnages, en particulier, et bien entendu, celui de Charlie Cox, impeccable dans son rôle de Matt Murdock alias « The Devil of Hell’s Kitchen ». Cox réussit à créer un seul et même personnage: celui d’un catholique troublé par des questions de moralité qui parfois déteignent sur le spectateur. Martyr ou samaritain, le justicier est à la recherche d’une réponse.

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Ne nous méprenez pas, la série n’apporte rien de nouveau au mythe du super-héros, au contraire, on pourrait même dire que Daredevil se la joue parfois Batman, apparaissant et disparaissant furtivement tout en haussant la voix au moment d’interroger les bad guys. Cependant, il s’agit quand même d’un grand bol d’air frais, en particulier pour l’univers Marvel lui-même. En effet, avec cette sub-division télévisée, le studio a enfin franchi un cap souvent interdit: celui de la violence. Car, oui, dans Daredevil, on perd son sang et on en perd beaucoup. Loin de l’univers édulcoré d’Avengers, ce n’est pas une série pour enfants sur laquelle vous pourrez baser votre prochaine ligne de jouets et bien que Disney soit propriétaire de Marvel et que les productions comme Iron Man et co. ont dû se tenir à carreaux, Daredevil bénéficie d’une liberté déconcertante, plaisante, macabre et sans répit: beuveries, allusions sexuelles, os déboîtés, corps décapités et plus encore… vous aurez compris, on ne plaisante pas avec « The Man Without Fear ». Le résultat est celui d’une oeuvre cohérente, intelligente et mature.

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La réussite est telle que l’on redoute une saison 2, de peur de voir des erreurs apparaître. C’est pourquoi, on préférerait presque voir les personnages de Hell’s Kitchen directement évoluer dans des films tels que Captain America: Civil War, le reboot de Spider-Man ou Avengers 3 pour que la série de 13 épisodes reste le récit maîtrisé qu’elle est. Mais, Drew Goddard et Steven S. DeKnight ont fait un travail incroyable qui inspire confiance et qu’on imagine facilement renouvelé. En attendant qu’une deuxième saison soit commandée, on retrouvera le diable rouge dans normalement moins de 2 ans à l’occasion du crossover The Defenders qui rassemblera les futurs héros des séries Marvel produites par Netflix, c’est-à-dire AKA Jessica Jones, Iron Fist et Luke Cage, pour lesquelles on se réjouit vu le ton adopté par Daredevil.

En conclusion, Daredevil est une série policière qui s’impose comme la meilleure du genre super-héroïque réalisée à ce jour et on se demande pourquoi vous ne l’avez pas encore visionnée.


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