SNEAZZY – DBSS III: QUAND SUFFISANCE DEVIENT ÉLÉGANCE

Troisième épisode musical pour une ultime bénédiction? Malgré un accueil mitigé, ce nouvel EP affirme le talent du jeune rappeur parisien qui a définitivement trouvé son style… Et son binôme aux côtés du talentueux Hugz Hefner.

Il faut être réaliste, Sneazzy n’est pas le MC qui a le plus fait parler de lui dans 1995, même si son identité lyricale était déjà perceptible. En 2015 sort Super, son premier album solo. Si le projet est accueilli assez froidement par sa fan base, Sneaz’ a au moins le mérite d’expérimenter un autre style… Sans toutefois parvenir à le trouver réellement.

La révélation viendra l’année suivante avec l’arrivée d’un EP gratuit surprise: DBSS (Dieu bénisse Supersound), un huit titres haut en couleur qui a surpris tout le monde, même ceux qui n’avaient jamais prêté une oreille à sa musique. Et c’est aussi le début d’une collaboration alchimique avec Hugz Hefner, jeune beatmaker du Seine Zoo propulsé par les solos de Nekfeu.

Si le deuxième volume sorti en début d’année est globalement un peu en dessous de son ainé, Sneazzy revient avec un troisième volet plus osé et qui lui permet d’asseoir sa légitimité artistique. Moins de bangers, moins de sons kickés, mais des mélodies travaillées qui nous fait entendre la culture de l’egotrip avec plus de légèreté. C’est bien ce qui définit le mieux Sneazzy aujourd’hui: un flow qui frise la nonchalance et qui se nourrit de paroles qui transpirent la suffisance (moi/je – toi/tu). En ce sens, le MC cultive des écrits noirs et crus sur des mélodies entêtantes.

Côté collabs’, Sneazzy continue à s’entourer d’artistes qui épousent parfaitement son univers. Hankock découvert sur le bresom Zannen et qui s’offre ici un solo maitrisé avec Dark Angel. Infinit, qui déboule sur un titre mettant à l’honneur son gimmick favori. Le faire reste sur la lignée de La maille, où les deux rappeurs confessent leur amour pour l’argent, les pieds dans l’eau. DBSS a aussi mis en évidence l’alchimie créative entre Sneazzy et S.Pri Noir (à juger les excellents Okkk et Évite-la). Everyday est moins percutant, mais reste une dose appréciable.

Du côté des nouveaux arrivés, on regrettera l’apparition faiblarde de Caballero sur Parle pas trop, morceau relevé dans sa deuxième partie avec le duo Alpha Wann/Doum’s (qui sont devenus des adeptes des couplets écrits et rappés à deux). La plus grosse claque vient de Jok’Air, qui décidément excelle en featuring! Jenny From Da Blocka est la perle de ce troisième EP avec son refrain chantonné à la Travis Scott et la prod’ hallucinante de Hefner.

Sneazzy ne cesse de progresser et de nous épater. Il est certainement l’artiste le plus mis en valeur par Hefner, certaines prods’ s’alliant parfaitement à son flow et à ses placements. On ne sait pas si un quatrième volume fera son apparition, où si ces trois cadeaux annoncent un nouvel album… Dans tous les cas, nous restons à l’affût!


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