TAKESHI KITANO: TROIS DE SES FILMS RESTAURÉS EN HD

Kids Return, Hana-bi et L’Été de Kikujiro sont certainement les films les plus emblématiques de la carrière de Takeshi Kitano. Et si vous ne les avez pas encore vus, c’est le moment pour.

Acteur et réalisateur japonais, mais aussi animateur de télévision, humoriste, écrivain, artiste-peintre, chanteur et designer de jeu vidéo, absolument rien ne résiste à son irrésistible appétit créatif. À 70 ans, celui que les Nippons surnomment « Beat Takeshi » (en référence à ses émissions télévisées), compte parmi les révélations majeures des années 90. Connu en occident pour ses récits de yakuzas aussi violents que contemplatifs, sa personnalité et sa vision poétique sont à l’origine de ces trois merveilleux films qui ressortent cet automne dans de magnifiques versions restaurées réunies sous le label « Chemins de traverse ».

 

KIDS RETURN – 1996

Réalisé après plusieurs films de yakuzas (dont le célèbre Sonatine), Takeshi Kitano pose ici un regard décalé et pessimiste sur ses années collège. Il obtient aussi son premier grand succès au box-office japonais. Très populaire en tant qu’animateur de télé dans le pays du Soleil-Levant, ses films n’avaient pas séduit le public auparavant. Habitué à incarner ses propres personnages, Kids Return est l’un des rares films où Kitano n’apparaît pas en tant qu’acteur. Le long-métrage, qui aborde le thème de l’adolescence et des choix cruciaux que l’on peut faire à cette période, est perpétuellement empreint d’une douce nostalgie. Influencé par l’univers du jeu vidéo, la musique insuffle une énergie joyeuse au récit.

L’histoire: Masaru et Shinji n’aiment pas le lycée. Ils préfèrent traîner dans les bars, voler et glander. Mais un jour, deux ados reviennent accompagnés d’un ami boxeur qui met Masaru K.O. Il décide alors de se mettre au Noble art (boxe anglaise). Rapidement suivi par Shinji, lequel va se révéler bien meilleur boxeur. Dépité, Masaru va tenter sa chance du côté de la pègre locale…

 

HANA-BI – 1997

Récompensé par le Lion d’or au Festival de Venise, Hana-bi est LE film de la consécration pour Kitano. C’est aussi, pour beaucoup de critiques, son meilleur film de yakuzas. Cette œuvre lui permet d’exploiter la peinture comme un véritable langage et d’exprimer ainsi son talent de peintre-plasticien (c’est lui qui est l’auteur de tous les tableaux présents à l’écran). Un équilibre subtil entre mélancolie et violence.

L’histoire: Nishi est policier. Son épouse est atteinte d’un cancer en phase terminale. Suite à une fusillade, son partenaire Horibe devient paraplégique et un autre de ses collègues est tué. Nishi démissionne alors afin de commettre un casse pour rembourser d’importantes dettes contractées auprès des yakuzas et, finalement, chercher un sens à sa vie…

 

L’ÉTÉ DE KIKUJIRO – 1999

Sûrement le film les plus accessible de Kitano. Réalisé après le succès de Hana-bi, L’Été de Kikujiro mélange comédie et road-movie. Tournant le dos aux films violents de yakuzas, il livre un film apaisé et poétique. Comme dans la plupart des roads-movies, ce n’est pas le but du voyage qui importe mais bien le parcours qui permet d’y arriver. On y suit Masao et Kijujiro qui forment un duo insolite, mais ô combien attachant. Le cinéaste s’entoure une nouvelle fois de Joe Hisaishi qui va signer là l’une des B.O. les plus mémorables de leur collaboration.

L’histoire: Masao s’ennuie. Les vacances scolaires sont là. Ses amis sont partis. Il habite Tokyo avec sa grand-mère dont le travail occupe les journées. Grâce à une amie de la vieille femme, Masao rencontre Kijujiro, un yakuza vieillissant, qui décide de l’accompagner à la recherche de sa mère qu’il ne connait pas. C’est le début d’un été pas comme les autres…

La suite du parcours de Kitano est loin d’être à la même hauteur. Le metteur en scène a poursuivi ses explorations dans des registres variés (Dolls, Zatoichi). Ses films ne sont presque plus distribués en France (comme Ryuzo 7, sorti au Japon en 2015, resté inédit hors d’Asie). Et quand ils le sont, ils leur arrivent de ne pas atteindre le public, ou les faveurs de la critique (les deux Outrage).

En dehors de ses réalisations, Kitano se fait plus rare au cinéma. En tant qu’acteur, on l’a bien évidemment vu dans Battle royale et plus récemment dans le remake de Ghost in the shell, mais pas grand chose d’autre de marquant. Par contre, loin des yeux occidentaux, il a poursuivi une activité intense à la télé, du coup, on a fini par le perdre un peu de vue.

Les ressorties de Kids Return, Hana-bi et L’Eté de Kikujiro prouvent que Kitano était un artiste au sommet de son art. Hautes en couleurs, ces œuvres majeures ont autant marqués les spectateurs que l’histoire du cinéma.


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