TOP CINÉMA #11 | MARS 2017

Hollywood… Mais tu fais n’importe quoi… Terni par une succession de remakes très moyens, le mois de mars nous a fait peur mais s’est finalement bien rattrapé, notamment sur le petit écran.

Les mésanges chantonnent, la flore s’éveille, le soleil inonde, les marmottes ressuscitent, les fontaines éblouissent: ça y est, le printemps est enfin revenu! Le moment est ainsi arrivé pour la rédaction de formaliser le bilan cinéma d’un mois de mars capricieux, qui nous aura valu bien des déceptions en salles.

Au-delà du niveau minime de plaisir ressenti sur nos fauteuils rembourrés préférés ces temps-ci, il nous a fallu prendre un tantinet de recul pour constater toute la complaisance créative reflétée par la programmation des multiplexes ces dernières semaines: aux côtés de comédies françaises formatées, tantôt bien dispensables (Alibi.com), ou bien tout bonnement puantes et dangereuses (GangsterdamÀ Bras Ouverts), la livraison mensuelle hollywoodienne a pris des allures de musée des horreurs.

En réalité, dans une démarche sincère et authentique d’héritage et de tradition, avoir le choix entre Ghost In the ShellPower Rangers ou encore La Belle et la Bête au cinéma aurait pu être la plus salvatrice et plaisante des cures de jouvence version 90’s. Et puis, retrouver Wolverine et King Kong sur grand écran… un bonheur a priori infini pour les grands adolescents mélancoliques que nous sommes. Mais non, le résultat est loin du compte, et l’amerture n’en est que décuplée.

Au fond, c’est probablement dans une optique soignée de transmission intergénérationnelle de références iconiques et de pivots culturels que l’industrie avait tout à gagner. Les symboles du passé n’ont rien d’intouchable; c’est ce que leur intemporalité prouve chaque jour. Leurs mythes peuvent encore émerveiller et émouvoir, du fait des valeurs et ambitions qu’ils véhiculent depuis des décennies déjà.

Pourtant, c’est tout le contraire qui se produit sous nos yeux (à coups de millions de dollars), et c’est à ce moment précis que le léviathan des grands studios se mord la queue: à force de prendre, de tirer, de bâcler, d’user, de changer, d’adapter, de déformer, de copier, on ne fait qu’abimer les légendes. En résumé, quand le résultat n’est pas fade ou vaseux, il est vite dégoulinant, et souvent écoeurant au possible.

Tout l’intérêt de ce mois est dans la symbolique prometteuse du Logan de James Mangold, qui aura su faire de l’ultime apparition de Hugh Jackman dans l’univers X-Men un survival unique, profondément singulier, humain et violent, offrant au personnage aux griffes d’adamantium un volet encore inédit, et au genre du film de super-héros une dimension indépendante et contemplative tout à fait bienvenue, à l’heure où les productions Marvel se multiplient et s’enchaînent, pour finalement toutes se ressembler.

En bref, nous tenons peut-être la première suite de saga réussie depuis Mad Max: Fury Road (allons pour Creed). Force est de constater que ça n’est pas dans l’hommage millimétré qu’excellent les cinéastes américains, mais bien dans le renouvellement et l’enrichissement d’univers aux déclinaisons infinies.

Enfin, nous avons enfin pu rattraper nos retards respectifs sur les films nominés aux Oscars, pour une constatation (là encore) décevante: Lion et Hidden Figures n’ont pas été les grandes claques que nous attendions. Si les deux oeuvres témoignent de directions d’acteurs véritablement irréprochables, elles tombent dans les travers creux du sentimentalisme larmoyant, ou du conte US académique, débordant de grandes orchestrations et de bons sentiments trop phrasés et inlassablement ressassés pour être sincères, et nous toucher au coeur.

Fort heureusement, c’est dans la chair (Grave, de Julia Ducournau) et la sueur (The Lost City of Z, de James Gray) que nos pupilles ont vibré au cours de ce mois bien morose, mais pas totalement pourri.

Nous vous laissons découvrir notre sélection ci-dessous, et vous invitons – une fois n’est pas coutume – à vous précipiter vers ces longs-métrages pour soutenir deux cinémas qui souffrent encore trop chez nous: d’un côté le film français de genre (en l’occurence, franco-belge, ceci expliquant cela), écrasé par le succès étouffant des comédies nationales, et de l’autre le grand spectacle d’aventure, structurellement remplacé par les blockbusters tout en 3D. Vous savez, le vrai périple cinématographique, dans lequel les fonds verts sont en réalité les reliefs de la forêt Amazonienne? Eh bien, il existe encore. Alors merci Madame, merci Monsieur, pour ces grandes bouffés d’air frais, et pour ces flots liquoreux d’hémoglobine.

Oui, merci le printemps.

 

DODOADDX

Nouveautés du mois: Logan, de James Mangold, ex-aequo avec Patients, de Grand Corps Malade.

Découverte du mois: ExistenZ, de David Cronenberg.

Série du mois: LOVE (S02), de Judd ApatowPaul Rust et Lesley Arfin.

Déception du mois: Lion, de Garth Davis.

 

MVTHIVS

Nouveauté du mois: Grave, de Julia Ducournau.

Découverte du mois: Soy Cuba, de Mikhaïl Kalatozov.

Série du mois: Taboo (S01), de Steven Knight et Tom Hardy.

Déception du mois: Power Rangers, de Dean Israelite.

 

PEACHFUZZ

Nouveauté du mois: American Honey, d’Andrea Arnold.

Découverte du mois: Paris, Texas, de Wim Wenders.

Série du mois: Big Little Lies (S01), de Jean-Marc Vallée.

Déception du mois: Kong: Skull Island, de Jordan Vogt-Roberts.

 

TICKET

Nouveauté du mois: The Lost City of Z, de James Gray.

Découverte du mois: Incassable, de M. Night Shyamalan.

Série du mois: Twin Peaks, de David Lynch.

Déception du mois: Hidden Figures, de Theodore Melfi.

 

TONI ZAWA

Nouveauté du mois: Logan, de James Mangold.

Découverte du mois: Blue Velvet, de David Lynch.

Série du mois: LOVE (S02), de Judd ApatowPaul Rust et Lesley Arfin.

Déception du mois: Kong: Skull Island, de Jordan Vogt-Roberts.

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