HARVEY WEINSTEIN - DEHORS!

Accusé de harcèlement sexuel par plusieurs femmes actives dans le secteur du divertissement aux USA, le magnat millionaire aux grands crocs vient d’être destitué de ses fonctions.

Légendaire producteur du cinéma hollywoodien, Harvey Weinstein a co-fondé l’empire The Weinstein Company en 2005 en compagnie de son frère cadet Robert. Les deux businessmen sont réputés pour leur flair des coups commerciaux, pour leurs moyens financiers considérables, mais aussi pour leur acharnement sur certains projets. Capables de propulser le succès d’une oeuvre au box office, ils ont aussi pour habitude d’en noyer d’autres en bloquant leur sortie, ou en les reléguant lâchement en séries B après un simple désaccord ou un échange tendu avec leurs créateurs.

Intransigeants sans pour autant pouvoir légitimer leur appréciation artistique, les Weinstein ont ainsi produit et distribué des titres allant de la saga Scary Movie à toute la filmographie récente de Quentin Tarantino. Toujours vus d’un air agacé comme des banquiers véreux aux postures caricaturales par le grand public, les producteurs ne méritaient pour autant – a priori – ni haine, ni mépris au-delà de leur attitude quelque peu dictatoriale. La semaine dernière, tout a changé, et les choses se sont très vite accélérées après de multiples révélations autour de Harvey Weinstein, accusé d’être un prédateur sexuel récidiviste. Abjects, les faits relatés rappellent, s’il le fallait encore, l’urgence d’agir face au fléau de l’impunité des hommes célèbres, et de ceux qui utilisent le pouvoir à des fins nauséabondes, ne laissant de leur laideur que cicatrices et traumatismes aux victimes.

C’est une investigation menée par les journalistes du New York Times qui a permis de révéler au moins huit agressions sexuelles présumées, réparties sur trois décennies. Immédiatement suspendu à l’annonce du scandale vendredi, Harvey Weinstein vient officiellement d’être expulsé de sa propre société, sur une décision tranchée et unanime de son conseil d’administration. Parmi les actrices, on retrouve Ashley Judd, invitée à le rejoindre dans une chambre d’hôtel en 1997, ou encore Rose McGowan, qui avait accepté de taire ses avances contre la somme de 100.000$.

L’accusé avait d’abord répondu être sincèrement désolé du mal qu’il avait pu causer à ses collègues par le passé. Il avait également indiqué essayer d’être meilleur, et qu’il lui restait beaucoup de chemin à parcourir, tout en projetant d’attaquer le journal pour diffamation. D’autres victimes sont alors venues alourdir son cas de leurs témoignages révoltants: Liza Powell, scénariste à qui il proposait de prendre des bains, Lauren Sivan, présentatrice devant qui il se serait masturbé au restaurant, ou encore la comédienne Elizabeth Karlsen, au fait de soupçons depuis les années 80.

C’est en tous cas avec attention que l’on suivra la suite de ces révélations, après cette décision indispensable de révocation immédiate. Auparavant co-fondateur de Miramax (Le Seigneur des AgneauxChicagoLe Discours du Roi), Harry Weinstein devra bientôt répondre de ses actes devant la justice américaine, pour – en cas de culpabilité – un jugement espéré à la hauteur de ses crimes.


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