PNL: VOYAGE SANS RETOUR

Presque un an après la sortie du désormais classique Le Monde Chico, PNL a sorti vendredi passé, Dans la légende, un album qui pourrait bien être celui de la consécration.

PNL a réussi ce que peu de MC français peuvent se targuer de faire: percer en indé’, mais surtout en solo. Aujourd’hui, la réussite commerciale d’un artiste (toute catégorie confondue) ne peut s’envisager sans une équipe solide, sans relais puissants. C’est peut-être la seule vérité qui est sortie de la bouche de Laurent Bouneau, quand ce dernier parle de rap.

Les frangins Ademo et N.O.S, eux, ont prouvé le contraire. Ils marchent seuls, ne font aucune promo’, aucune radio, aucune TV, aucune interview. Pourtant, tout le monde parlent d’eux et tout le monde les joue. Le buzz et l’attente qu’a créé leur deuxième album en est un exemple concret. Alors oui, PNL font la pluie et le beau temps dans ce rap jeu. Comme tout artiste populaire, il y a les détracteurs et les fans. Et puis il y a ceux, plus rares, qui essayent d’être objectifs.

On oublie les « PNL ce n’est pas du Rap, c’est de la chanson » ou « Vous n’avez rien compris, PNL ils ont 20 ans d’avance ». L’objectivité nous poussera à dire que ce duo propose quelque chose de différent. Parler du hood sous vocoder en poussant la chansonnette n’a rien de nouveau. Booba le faisait déjà à l’époque de Futur. Et on peut presque dire que le Duc avait un an d’avance avec un titre comme Billets Violets (album D.U.C), très critiqué à sa sortie, et pourtant adulé aujourd’hui (regardez l’évolution des commentaires Youtube sur ce clip, c’est assez parlant…).

La particularité de PNL, c’est la construction d’un univers. Un univers aux multiples références, entre films, animés, jeux vidéo, mangas, sport… Sans oublier un argot de blédard bien à eux, qui participe beaucoup à la construction d’une identité. Dans Le Monde Chico, cet univers est posé de plein pied, premièrement à travers des single assez forts exposant déjà le duo dans un game parallèle. Toutefois, à l’écoute de l’ensemble du projet, cette singularité devient vite redondante à cause de prods’ un brin répétitives et des thématiques qui tournent en rond.

On pouvait craindre une redondance prolongée avec ce deuxième projet, mais à notre plus grande surprise, Dans la légende est une vraie augmentation, une évolution. Les frangins n’ont pas changé, ils sont juste les mêmes en mieux.

Il faut plusieurs écoutes pour apprécier l’univers de PNL, en déceler les subtilités et la richesse des prods’. Mais il y a un élément qui imprègne nos oreilles dès la première lecture, c’est l’homogénéité fournit par la direction artistique. Dans la légende est un album très bien réalisé, où toutes les prods’ se complètent. En réalité, les instrus’ ont un grand rôle dans la réussite du projet, on ne peut que saluer le beau travail des beatmakers.

La réécoute de l’album permet également de constater une évolution flagrante dans la technique et l’écriture des deux MC. Les textes sont plus riches, plus variés. Si l’album commence par des morceaux street et egotrip, la tournure artistique est engagée dans la suite de l’album avec des productions aux sonorités variées (pour le chill), avant de finir sur des titres plus introspectifs (les plus intéressants, en somme). En substance, Ademo et N.O.S semblent enrichis par le succès de leur premier album, mais aussi par leurs voyages, leurs rencontres. Mais ce qui est le plus appréciable, c’est cette envie de faire mieux et de se dépasser encore plus. Un constat qui se vérifie dans le dernier morceau de l’album, Jusqu’au dernier gramme, où N.O.S y lâche peut être son meilleur couplet depuis le début de sa carrière. Un morceau qui finit l’album en montrant que les deux MC ont encore la dalle, et c’est rassurant.

L’album marque par sa grande homogénéité, ce qui fait qu’il n’y a pas de morceaux qui se détachent lourdement du lot. C’est à la fois une qualité et un défaut. Dans la légende s’écoute dans son intégralité certes, mais on a du mal à y déceler un gros banger qui met tout le monde d’accord. Ce qui peut encore alimenter les jugements les plus négatifs qui diront que tous les morceaux se ressemblent.

On retiendra quand même les sons single de l’album, l’excellent DA, Naha, J’suis QLF ou encore le très planant La vie est belle. Pour le reste de la tracklist, certains morceaux se détachent après plusieurs écoutes et par l’alchimie plus évidente entre l’instrumental et les lyrics: Tu sais pas, Mira, Humain, Bambina, ou encore les trois derniers sons de l’album Uranus (très bien écrit), Onizuka (une des meilleures instrus’ de l’album) et enfin Jusqu’au dernier gramme (commenté plus haut).

En résumé, que l’on aime ou que l’on n’aime pas, PNL propose quelque chose de différent et de frais. Le travail est bien exécuté et il appelle au voyage. Alors laissez-vous guider.

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