QUELQUES MINUTES APRÈS MINUIT – TROUVER LA PAIX [CRITIQUE]

Le prodige ibérique Juan Antonio Bayona décide d’adapter le conte illustré de Patrick Ness, et propose un bijou d’imagination. Quelques Minutes Après Minuit est notre claque de la semaine.

Dernière création fantastique du réalisateur espagnol Juan Antonio Bayona (L’Orphelinat, The Impossible), Quelques Minutes Après Minuit (A Monster Calls en VO) est une oeuvre bien singulière, qui transpire une vision de cinéaste décidément inhérente à un style fascinant, oscillant constamment entre tristesse fataliste et émerveillement juvénile. Probablement la meilleure manière de créer un conte sensationnel, dont le dénouement nous a arraché bien des larmes. Chronique d’un coup de coeur enchanté.

Le film raconte les aventures de Conor, un jeune garçon qui redoute les cauchemars qui le hantent chaque nuit depuis que sa mère est tombée gravement malade, atteinte d’un cancer fulgurant. Le petit homme vit seul avec elle, et subit chaque jour les assauts violents des plus vieux à l’école, dans un quotidien d’une solitude absolue. Un soir, l’immense if qui trône au fond de son jardin s’éveille, et lui rend visite par la fenêtre, avec un message sombre au ton menaçant. Il lui impose une mission secrète: après avoir entendu les trois histoires légendaires du monstre, il devra raconter la sienne, ‘celle de sa vérité‘.

Côté scénario, nous préférons en rester là pour vous laisser découvrir le parcours extraordinaire de Conor, qui devra apprendre à être en paix avec ses émotions et ses pensées, aussi noires ou ensoleillées soient-elles. Sorte de crossover magnifié du BGG de Steven Spielberg et du Labyrinthe du Pan de Guillermo del Toro, Quelques Minutes Après Minuit s’adresse directement à un public plutôt adulte. À travers son récit hautement parabolique, Juan Antonio Bayona offre une fable complexe et déchirante sur le deuil, et surtout les instants insupportables qui en constituent l’attente. Coupable et victime à la fois, le personnage de Conor, en plus d’une interprétation parfaite de Lewis MacDougall, est enrichi par une maturité bluffante, qui donne toute sa puissance évocatrice à sa chagrinante introspection.

En plus de cet exploit bienvenu, Felicity Jones, Sigourney Weaver et Liam Neeson (transformé en monstre sylvestre via FX) sont à leur plus beau niveau, avec des performances irréprochables. L’héroïne de Rogue One a d’ailleurs tout pour prétendre à un Oscar dans le rôle de la mère. Le monstre, lui, ne fait pas simple figure de guide initiateur; il est la voix d’histoires incroyables, magnifiquement illustrées sous la forme d’aquarelles animées aux fresques chevaleresques colorées… tout bonnement magiques.

Premier grand film de 2017, Quelques Minutes Après Minuit nous transporte pendant de longues minutes, avant de nous délivrer une dernière demi-heure intense, qui ne sera pour toute personne sensible que chair de poule et sanglots. En effet, l’ultime chapitre du film est un véritable festival d’amour porté par des sourires, des regards et des chuchots tous plus purs et profonds que les autres. Fantastique, aventure, drame: tout ici est tendre, tout ici est réussi (et cette photographie…) et va droit au coeur. Chapeau.

Quelques Minutes Après Minuit est en salles depuis le mercredi 4 janvier. Foncez!


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