ROCK’N’ROLL: FROM GENDRE IDEAL TO BOTTINES EN CUIR

Guillaume Canet a 40 ans. Il se sent vieillir, et ça le ronge. Toute sa vie, il a été perçu comme le gendre idéal, qui porte des chandails et des polos dans le pantalon, mais c’en est assez pour lui, il veut être rock’n’roll.

Ce film raconte le parcours d’un acteur en quête d’une deuxième jeunesse. Perfecto en cuir, petites bottines et rails de coke sur la cuvette de toilettes. Dans son quatrième long-métrage en tant que réalisateur, Guillaume Canet s’est fait plaisir, et c’est le moins que l’on puisse dire. Rock’n’Roll est une petite bouffé d’air frais dans le paysage cinématographique français de ce début d’année. Guillaume Canet, incarné par Guillaume Canet, sous la direction de Guillaume Canet, est un trio aussi frais et efficace que les Destiny’s Child au top de leur carrière. Le film est un cocktail d’autodérision, de petites blagues à repérer, et de situations inattendues, comme ce moment où Marion Cotillard se transforme en Céline Dion, en reprenant « Pour que tu m’aimes encore ».

C’est vrai que, quand on voit Guillaume Canet, on a envie de l’inviter à aller marcher au bord d’une rivière un dimanche après-midi, et c’est de cette image qu’il veut se débarrasser. Le film raconte donc l’histoire de ce mec qui va troquer sa jaquette Ralph Lauren pour un perfecto en cuir qui sent bon l’after.

Plein d’énergie, une Cotillard marrante, et l’autodérisionomètre au maximum, Rock’n’Roll est une comédie qui fait rire une salle de bon cœur, et ça fait plaisir. Le fait que Guillaume Canet joue son propre rôle permet au film d’installer une sorte de flottement entre fiction et réalité, ce qui renforce sa dimension humoristique. Et on voit que Canet joue de ça, en intégrant des scènes complètement absurdes, comme dans la deuxième partie du film, pendant laquelle il entreprend une mue de l’apparence physique, à la manière d’une chenille, pour devenir un Papillonus Bogdanovicus, via la chirurgie esthétique.

En gros, le film est marrant, léger et on passe un bon moment. Guillaume Canet, « Monsieur Cotillard », a réussi le pari de se mettre dans cette position de mec qui se fout de sa propre gueule, et ça fait plaisir aux spectateurs. Si on cherche la dimension un peu dénonciatrice du film, on notera alors que le métier d’acteur est un métier difficile puisque, le rythme de ton corps, le rythme de ton âge, dicte le genre de rôles auxquels tu peux correspondre, et parfois, c’est difficile d’accepter le temps qui passe, ce qui entraîne certain(e)s acteurs/actrices à recourir à la chirurgie esthétique. Ressembler à un chat qui s’est fait piquer par une abeille pour jouer le jeune californien dresseur d’alligators est donc devenu le destin de ce Guillaume Canet, qui passe de Rock’n’Mouais, to Rock’n’Roll, to Rock’n’Botox.


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