THE 1975: MIRACLE À L’ANGLAISE

Ce vendredi marque la sortie du nouvel album de The 1975, un ensemble passionnant qui devrait définitivement installer le groupe comme phénomène pop incontournable des années 2010.

Originaires de la banlieue de Manchester, les quatre membres de The 1975 se rencontrent en 2002, et commencent dès lors à écrire et jouer ensemble. Il faudra cependant attendre dix ans pour entendre les fruits de ce travail maîtrisé de bout en bout: une série épisodique d’EPs d’une grande qualité (Facedown, Sex, Music for Cars et IV), dévoilés successivement entre 2012 et 2013, leur ouvre alors la porte des médias musicaux britanniques et de la blogosphère musicale mondiale.


L’articulation d’une communication millimétrée leur permet ainsi de construire le mystère autour du quatuor, aura renforcé par une identité visuelle entièrement développée en noir et blanc, jusqu’à l’ambiance scénique léchée et l’artwork du premier album éponyme sorti en septembre 2013. Le teasing et la montée de lave auront, semble-t-il, bien fonctionné: l’album se retrouve en première position des charts britanniques dès la semaine de sa sortie, et s’écoule finalement à plus d’un million d’exemplaires, notamment grâce à une armée de singles hautement radiophoniques tels que Settle Down, The City, Girls, Sex, Robbers ou encore Chocolate.


La tournée mondiale gigantesque qui s’en suit leur vaut le titre de “Hardest Working Band” en 2014 (195 concerts dans 29 pays, 249724 kilomètres parcourus en tournée) et permet aux passionnés du globe de découvrir la puissance live du groupe, ainsi que le son The 1975, caractérisé par des instrumentales atmosphériques sur lesquelles se posent en toute harmonie guitares groovy, lignes de basses délicieuses, percussions fédératrices et la voix unique de Matt Healy, leader ô combien secret et intrigant. Le résultat: une musicalité hybride qui semble mêler The Neighbourhood, CHVRCHES, The Maccabees, Vampire Weekend, Bombay Bicycle Club et une pointe de Phil Collins, avec quelque chose de profondément neuf et unique.


Leur deuxième album, au titre à rallonge (i like it when you sleep, for you are so beautiful yet so unaware of it), est sorti aujourd’hui. Comme son aîné, il débute par la douce intro The 1975, et rassemble au total 17 chansons pour une durée totale supérieure à une heure, attestant de la productivité incessante du groupe. Le talent insolent de Matt Healy et de ses comparses y fait mouche à chaque morceau, pour une véritable myriade de singles officiels (Love Me, UGH!, The Sound) et potentiels (Somebody Else, She’s American, This Must Be My Dream). The 1975 semble avoir définitivement quitté le voile noir et blanc de son premier pan de carrière, pour privilégier un rose néon qui transforme la pochette du disque en un avant-goût plus accessible et charmeur.

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L’arsenal musical du groupe se veut désormais bien plus développé à l’aube de l’épreuve fatidique du second album. Une métamorphose qui fait sens à l’écoute de cet (incroyable) opus: si l’on retrouve des morceaux toujours aussi catchy qu’auparavant, on se délecte de l’exploration des genres ici mise en exergue par le quartet: une esthétique éthérée pour un numéro d’équilibriste mariant influences gospel, mélodies pop, rafales de cuivres 80s, ballades au piano ou acoustiques, et globalement une ambiance qui pourra toujours être qualifiée de Drivesque. Ce n’est d’ailleurs par un hasard si le groupe a participé à la réorchestration du film de Nicolas Winding Refn orchestrée par Zane Lowe (BBC1), avec le titre Medicine en 2014.


Enregistré à Los Angeles, i like it when you sleep, for you are so beautiful yet so unaware of it est désormais en écoute exclusive sur Apple Music, et prochainement sur les autres plateformes de streaming. Le jour de sa sortie, il est déjà premier des ventes digitales dans 37 pays, dont les Etats-Unis, le Japan, l’Australie, le Royaume-Uni ou encore la Russie ou la Malaisie. Une réussite a priori totale pour un album dense et éclectique qui les mènera sur les routes d’Europe au printemps aux côtés d’une autre révélation vivement recommandée, The Japanese House.

On n’a donc pas encore fini de parler de The 1975, et c’est tant mieux.


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