UNE PYRAMIDE DE BIÈRES À BERLIN

Pour 4 euros et une signature en bas d’une décharge, vous avez accès à une pyramide composée de 72’000 bières, que vous pouvez boire, détruire ou simplement regarder.

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Cyprien Gaillard est un artiste contemporain, né à Paris en 1980, il a étudié à l’ECAL (École Cantonale d’Art de Lausanne) et a remporté le Prix Marcel Duchamp en 2010. Aujourd’hui il vit et travaille à Berlin.

Du 27 mars au 22 mai 2011, à l’Institut Kunst-Werke d’Art Contemporain, Cyprien réalise une œuvre appelée « The Recovery of Discovery » (récupération de découverte), une pyramide de packs de Efes et invite les visiteurs à participer, à venir (dé)faire de l’art.

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Pourquoi ? Pourquoi des Efes ? Pourquoi tout boire et tout détruire ? Et surtout, pourquoi de telles œuvres ne sont-elles pas plus souvent exposées près de chez nous ?

En 1871, l’ingénieur allemand Carl Humann découvre le Grand Autel de Pergame, un monument religieux bâti à l’époque hellénistique, sur le territoire actuel de la Turquie. Après un petit accord avec l’empire Ottoman, l’Autel est déplacé et reconstruit à Berlin en 1886. Le problème est que, depuis quelques dizaines d’années maintenant, l’état turc demande la restitution du monument, mais sans résultat. Puis en 1969, le Efes Beverage Group est fondé en Turquie. La bière porte ce nom en référence à une ancienne cité grecque, Ephèse (Efes en turc), située non loin d’une de leurs brasseries.

Après ces quelques précisions historiques aucunement reliées, il ne nous reste qu’à analyser l’œuvre et tenter de la comprendre. Cyprien Gaillard a fait cette pyramide de Efes à l’image de l’Autel de Pergame, transporté de Turquie jusqu’en Allemagne. Mais ce n’est pas tout, avec les visiteurs pouvant grimper dessus et boire les bières, l’œuvre mène obligatoirement à son auto-destruction. Ainsi il extrait un monument de son site d’origine pour l’amener à Berlin, pour être consommé par les visiteurs et puis à force, quand on a trop vu ou trop bu, être oublié ou détruit.

À présent, libre à vous de vous faire votre propre analyse, ou vous dire que c’est juste n’importe quoi. L’art, qu’il soit contemporain ou autre, n’a jamais et ne fera jamais l’unanimité.

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