FLO MORRISSEY & MATTHEW E. WHITE – LE BLUES HIVERNAL

Lumineux. C’est le terme idéal pour qualifier Gentlewoman, Ruby Man, un album de reprises universaliste au groove étincelant, qui se veut tout sauf une énième production superflue du genre.

C’est un fait: depuis quelques temps, les premières semaines de janvier sont relativement maigres en termes de sorties d’albums marquants, à l’opposé des grands films qui se bousculent en salles à l’approche des Golden Globes et des Oscars. Soulagement: 2017 vient enfin contrer cette tendance, en entamant sa saison musicale sur les chapeaux de roues avec l’arrivée des nouveaux disques des anglais The xx (I See You) et SOHN (Rennen). Mais c’est bien loin de nos radars que s’est produite l’étincelle.

En parallèle, c’est donc une autre nouveauté pour le moins inattendue qui est venue déclarer l’ouverture de ce beau début d’année. Fruit de la collaboration one-shot entre Flo Morrissey et Matthew E. White (deux semaines d’enregistrement pile), Gentlewoman, Ruby Man est un recueil de reprises reflétant une immense variété d’influences et de sensibilités, ici travaillées avec un relief instrumental planant et tout sucré. Dialogue mélodique éthéré entre la londonienne chétive et le crooner velu de Richmond, l’album relève le défi de la réinterprétation haut la main, comme un remède idéal à la morosité saisonale.

Dès lors, c’est un ensemble velouté et raffiné, d’une cohésion admirable, que nous livre le duo, en puisant dans une bibliothèque de chansons très éclectique; allant des espoirs contemporains Frank Ocean à James Blake, en passant par des classiques éculés des légendes Leonard Cohen, George Harrison ou encore les Bee Gees. Mention spéciale pour le titre Looking for You de Nino Ferrer, sur lequel le contraste entre les voix des deux musiciens offre un alliage d’échos spectral, porté par un mariage vocal solaire et une production méticuleuse du collectif Spacebomb de Matthew E. White, basé en Virginie.

Dire que rien de tout cela ne serait arrivé si les éditorialistes de The Guardian n’avaient pas placé les critiques de leurs deux disques côte à côte dans leur journal l’an dernier… Une bien belle histoire pleine de sens et de signes, qui devrait rythmer cette semaine polaire et réchauffer vos écoutilles engourdies.

L’album est à découvrir dès à présent sur les plateformes de streaming (et ci-dessous), ainsi que chez tous les bons disquaires indépendants (via Glassnote Records). Bonne vadrouille!

Tracklisting de Gentlewoman, Ruby Man:
01. Look At What the Light Did (Little Wings)
02. Thinking Bout You (Frank Ocean)
03. Looking For You (Nino Ferrer)
04. The Colour In Anything (James Blake)
05. Everybody Loves the Sunshine (Roy Ayers)
06. Grease (Bee Gees)
07. Suzanne (Leonard Cohen)
08. Sunday Morning (The Velvet Underground)
09. Heaven Can Wait (Charlotte Gainsbourg)
10. Govindam (George Harrison)


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